Maison Marou Saigon

Des plantations de cacao à la pâtisserie, il n’y a qu’un pas que les Faiseurs de chocolat Marou ont allègrement franchi. Et c’est avec gourmandise que Vincent Mourou et Samuel Marouta viennent d’ouvrir la Maison Marou, au 167-169 de la rue Calmette à Hô Chi Minh Ville.

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L’idée? Un concept store où vous pourrez déguster des pâtisseries, boire un café ou un chocolat chaud maison ou encore repartir avec l’un des produits de la gamme, dont les nouvelles tablettes proposées exclusivement dans la boutique. Y sont également exposées les machines servant à la fabrication du chocolat, comme le torréfacteur datant de 1937 que le duo avait fait venir par bateau de France pour la confection de leurs premières barres.

Mais si derrière le chocolat il y a le duo que vous connaissez, derrière les pâtisseries de la Maison Marou, il y a une jeune chef pâtissière française de 36 ans de grand talent. Stéphanie Aubriot pourrait s’enorgueillir d’avoir créé des pâtisseries simples tout en étant raffinées, en gardant le goût si particulier du chocolat Marou. Mais ce n’est pas le style de la jeune femme, d’une modestie charmante et d’un calme olympien.

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Stéphanie Aubriot entourée de l’équipe qu’elle a formée ces trois derniers mois. Face à eux, des macarons avant cuisson et des piments qui viennent de passer deux heures au four… avant d’être incorporés au chocolat.

Stéphanie Aubriot est issue d’une famille de pâtissiers de père en fils/fille depuis 4 générations. « Finalement, je n’ai pas choisi mais je suis ravie. J’adore ça. » Quand elle fait ses premiers pas dans l’atelier de son père artisan-pâtissier à Nancy,  elle ne sait pas encore que sa passion la mènera au bout du monde. Elle fait ses classes dans les plus grands restaurants du monde dont le Waterside Inn en Angleterre, sous la direction du grand chef cuisinier Michel Roux. En 2012,elle part pour Danang au Vietnam où elle travaille aussi pour Michel Roux, à la Maison 1888, le grand restaurant de l’Intercontinental. Une des plus prestigieuses adresses dans le monde. Encore une fois. « A Danang, je voulais travailler le chocolat et j’ai cherché du chocolat du Vietnam. Bien sûr, je suis tombée sur Marou. Je les ai contactés, ils m’ont invitée à visiter leur atelier à Tu Duc et je suis allée voir la plantation de Ba Ria. Ils m’ont convaincue: c’était le chocolat que je cherchais. »

Quand Vincent et Samuel lui parlent de la Maison Marou en devenir, Stéphanie est partante. Elle devient la créatrice des pâtisseries proposées dans la boutique. « Ils voulaient une gamme simple qui conserve le goût Marou, en y ajoutant une touche vietnamienne. Je n’ai pas réinventé la crème pâtissière! J’ai créé à partir de ce qui existe. » Et ça donne un banh mi au chocolat (!), un éclair succulent, un cheese cake, un cookie ou un brownie délicieux. Ou encore une petite fleur de café dont la verrine, elle-même, est en chocolat…

L’ouverture de la boutique est aussi l’occasion de proposer de nouvelles gammes de tablettes: chocolat aux éclats de gingembre, au piment, au lait de coco ou encore une feuillantine. Et comme d’habitude, le design des emballages est parfait. La boucle est bouclée.

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L’art du café au Klasik Coffee Roasters

C’est bien connu, les Vietnamiens adorent le café. Du Nord au Sud, dans la rue ou dans un café plus chic, ils consomment régulièrement un caphe den dà ou un caphe sua dà, qu’ils font suivre d’un thé vert glacé. Le pays est le premier producteur de robusta dans le monde et le deuxième exportateur de café. Ici, à Hô Chi Minh Ville, on le boit presque toujours glacé, avec ou sans lait concentré sucré mais toujours en le sirotant. Une pause café, c’est un temps de convivialité, le plaisir de se retrouver entre amis ou en famille.

Mais il faut l’aimer bien fort. Le robusta tient toutes ses promesses; c’est pourquoi les étrangers préfèrent le boire en y ajoutant du lait concentré sucré. Vous n’avez pas le choix du café et il vous tiendra éveillé toute la journée!

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Dans ce contexte, le Klasik Coffee Roasters se distingue réellement. Sa propriétaire, Thiep, a voulu créer un endroit destiné aux vrais amateurs de café. Originaire de Vung Tau, sur la côte sud du pays, la jeune femme a fait des études de sociologie à Saïgon avant de s’orienter dans les métiers de l’hôtellerie. Elle a ouvert ce lieu en plein centre-ville, au 40 Mac Thi Buoi, voilà 4 mois à peine avec une seule obsession: la qualité. L’endroit propose 12 variétés de cafés de 3 continents (Afrique, Asie, Amérique centrale). « Nous torréfions nous-mêmes avec une machine que j’ai ramenée du Japon. La machine à  espressos vient d’Italie. »

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C’est une petite révolution dans un pays où les habitants ne commandent jamais, ou presque, un espresso. « Moi-même, au début, je n’appréciais pas du tout. C’était trop amer. Et puis j’ai compris que cela dépendait du lieu d’origine, du sol… L’amertume ou le goût plus fruité est affaire d’arôme et d’acidité. J’adore le café d’Ethiopie et je viens de découvrir celui de Java. Etonnant. Je sais que ça prendra du temps mais je pense que les Vietnamiens finiront par apprécier aux-aussi un bon espresso. »

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On peut aussi acheter du café: 8 variétés sont disponibles à la vente (de 150 à 200 000 VND les 200g soit environ 6 à 8 euros). C’est encore un plaisir haut-de-gamme pour la grande majorité de la population! Vous pourrez aussi y déjeuner d’un sandwich ou d’une salade. Thiep a d’autres ambitions. Elle prévoit d’agrémenter la carte de plats occidentaux et d’y ajouter un bon choix de vins. A suivre…

Le Cong Caphe

Le Cong Caphe est un concept de cafés apparus à Hanoi. Il en existe aujourd’hui plusieurs dans la capitale vietnamienne. Et ils plaisent beaucoup. Je me souviens être allée dans celui qui fait face à la cathédrale Saint -Joseph en plein centre de Hanoi.

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Le premier Cong Caphe vient d’ouvrir à Hô Chi Minh Ville. Dans l’immeuble que j’affectionne particulièrement, où se trouvent déjà Libé et le Loft café. Il n’y a pas de hasard… Le Cong Caphe n’est pas vraiment un café comme les autres. En fait, son propriétaire, originaire de Hanoi, a conçu un endroit qui rappelle plus ou moins les temps de guerre (et de privations) au Vietnam. Assez incongru. Il est écrit sur la carte que c’est l’enfance traumatisante et difficile du propriétaire (« the owner’s dramatic childhood ») qui lui a inspiré cette atmosphère bien particulière. Pour ne pas oublier? Le kaki est la couleur phare, les serveurs sont en tenue militaire et l’ambiance peut faire penser à une sorte de bunker où l’on a apporté le strict minimum pour la survie des occupants. Tables et chaises bricolés en bois brut ancien, gobelets en fer, boîtes de conserve… et des livres, beaucoup de livres qui côtoient une vieille radio et des lampes à pétrole.

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Pour ceux qui connaissent, le Cong Caphe a pris place dans l’ancien café-boutique Schiller, dont la petite terrasse toute en longueur offre une vue imprenable sur les rues très fréquentées de  Dong Khoi et Ly Tu Trong. A l’intérieur, le propriétaire a fait ajouter un faux plafond très bas qui donne vraiment l’impression de se retrouver dans un tunnel souterrain…

Et nous y voilà. A Hanoi, un Cong Caphe semble s’inscrire naturellement dans le paysage urbain. A Hô Chi Minh Ville, capitale économique du Sud qui a longtemps été considérée comme la « rebelle » proche des Américains, c’est une autre histoire. Mais la grande Histoire, justement, ne semble pas affecter les jeunes Saïgonnais plus que ça. Aujourd’hui, la ville et le pays sont tournés vers l’avenir. Les jeunes veulent juste se retrouver dans un endroit sympathique avec leurs amis, prendre un caphe sua dà et surfer sur Facebook. Et puis la déco est sympa avec toutes ces touches de couleurs et ces objets hétéroclites ici et là.

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Quand je me s’y suis rendue, l’endroit était très fréquenté. Il n’y avait que des jeunes gens. Et si, soudain, apparaissait une personne de la génération précédente, pour qui la guerre ne fut pas qu’un décor éphémère. Pour qui les privations furent quotidiennes. Quel regard porterait-elle alors? La réponse à la question pourrait surprendre.

The Vintage Emporium

C’est un petit café repéré il y a longtemps déjà. Situé dans un quartier que j’affectionne particulièrement, Da Kao, à la limite du district 1 et du district 3 et à quelques mètres du Decibel Lounge, un des lieux culturels les plus dynamiques de la ville. A quelques pas de là également, au-delà du boulevard Dien Bien Phu, se trouve la pagode de l’Empereur de Jade, une pagode taoïste et bouddhiste construite par les Chinois en 1909. Connue également sous le nom de la pagode des tortues car on y trouve un bassin extérieur avec une multitude de tortues… qui plaît beaucoup aux enfants.

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The Vintage Emporium a tout d’un endroit agréable peu fréquenté à la déco alliant esprit vintage et mobilier plus design. On peut y boire un bon café ou un jus de fruits frais et déjeuner sur le pouce. La carte est très simple, quelques plats occidentaux dont un très bon poulet tikka en salade ou en sandwich, des plats vietnamiens… le tout en formule lunch avec une boisson et un café vietnamien pour environ 4 euros. Ce jour-là, il n’y avait qu’un dessert sur la carte, une panna cotta  au coulis de fruits de la passion. Excellente. Rien à ajouter.

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Un déjeuner au An Café

 

 

Une fois n’est pas coutûme, direction le quartier des expatriés occidentaux, communément appelé Thao Dien, dans le district 2. Un endroit qui bouge pas mal en ce moment et où quelques petites adresses sympas commencent à apparaître ici et là. J’ai choisi le An Café, d’abord parce qu’il propose une cuisine vietnamienne à des prix très doux. Ensuite, parce que le lieu est un endroit extrêmement calme et paisible pour déjeuner ou prendre un café. Ils viennent tout juste d’agrandir le restaurant et la déco est vraiment réussie. On y mange des plats traditionnels vietnamiens, avec un twist moderne dans la présentation. Si vous prenez un bún thịt nướng chả giò, un bol de vermicelles de riz avec viande de porc grillée et nems, ils vous serviront les nems et le porc à part. C’est juste original mais au final, vous mélangerez tout parce que c’est comme ça qu’on mange un bún thịt nướng chả giò!

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Le menu propose également des gỏi cuốn tôm thịt, rouleaux de printemps aux crevettes et au porc, des bành xèo, crêpes vietnamiennes au porc et aux crevettes (que les Français décrivent plutôt comme une omelette), des salades (salade de papaye ou salade de mangue verte avec crevettes et porc), du riz au porc caramélisé, les traditionnels phở bò et phở gà (soupes de nouilles de riz dans un bouillon de boeuf ou de poulet au goût épicé d’anis étoilé, de cardamome, de cannelle et de gingembre, servies avec des condiments) et des plats exclusivement végétariens …

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Et puis il y a quelques desserts vietnamiens pour finir sur une note sucrée. J’aime  le gâteau à la banane (photo) qui peut être accompagné d’une boule de glace. Vous pourrez tester la pana cotta, le flan au caramel, le yaourt maison aux fruits frais ou le chè, un dessert typiquement vietnamien, qui peut se composer de riz gluant, de tapioca ou de haricots rouges, souvent généreusement arrosé de lait de coco. A Hô Chi Minh Ville, on le mange froid, voire glacé. A Hanoi, climat oblige, on le mange chaud en hiver.

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Le M2C café

 

 

Face au Musée des Vestiges de la guerre se trouve le M2C café, au 4 B Lê Quý Đôn, dans le district 3. C’est un endroit vraiment agréable pour prendre un café ou un jus de fruits après la visite du Musée qui peut s’avérer quelque peu éprouvante. Il y a, en fait, trois M2C cafés à Hô Chi Minh Ville. Tous les trois sont très sympas avec une atmosphère différente pour chacun. Cette adresse est la plus spacieuse et la plus lumineuse. Très verte aussi. Quand je suis dans ce quartier, je viens déjeuner ici parce qu’ils proposent un set lunch à moins de 70 000 VND (soit 3 euros) avec un plat (vietnamien ou occidental parmi les riz sautés aux fruits de mer, sautés de nouilles, poulets-riz sauce champignons, sandwichs au poulet etc), une soupe du jour aux légumes et une boisson au choix. Leur thé glacé est un délice. J’aime me poser devant la baie vitrée et regarder le spectacle de la rue en déjeunant. On peut aussi y trouver une petite carte de desserts, ce qui est plutôt rare dans un café-restaurant vietnamien. Essayer le mango pudding, le tiramisu ou la forêt noire si vous êtes en manque de dessert occidental! C’est à la fois un lieu moderne et coloré, où les Vietnamiens qui travaillent dans les bureaux aux alentours, viennent y déjeuner rapidement. Toujours connectés!

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Le Bâng Khuâng Café

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Le Bâng khuâng café est très certainement l’un de mes cafés préférés à Hô Chi Minh Ville. Je l’ai découvert alors qu’il venait d’ouvrir, il y a déjà 4 ans. J’ai tout de suite aimé l’atmosphère de ce lieu, loin du café moderne et tape-à-l’oeil. Il est tout le contraire. Situé au deuxième étage d’un immeuble ancien où se trouvent encore des appartements habités, il est fréquenté par des jeunes Vietnamiens qui viennent y prendre un café dà ou un smoothie entre amis. Le midi, on peut y déjeuner d’un set lunch vietnamien pour moins de 4 euros, accompagné d’un thé glacé et d’une soupe du jour. Quelques motos au bas de l’escalier, une échoppe de bun au rez-de-chaussée, un restaurant familial dans un appartement juste en face du Bâng Khuâng sur le même palier… Ce lieu me fait penser aux cafés que l’on peut trouver à Hanoi, réellement anciens mais joliment revisités. Ces endroits ont une âme, quelque-chose de sincère. J’y viens très souvent travailler devant un cappucino et c’est également ici que je donne mes rendez-vous pour une interview. Les fenêtres sont toujours ouvertes, donnant sur la cour d’une école. Les récréations rythment le temps du Bâng Khûang café.

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Près du minuscule comptoir, une affiche est accrochée au mur. C’est assez mystérieux car elle sort du cadre! Elle date de la guerre du Vietnam et clame, en français: « Halte à l’agression américaine ». Il y a peu d’endroits où l’on peut voir ce genre d’affiche à Saigon. A part, bien sûr, au Musée des vestiges de la guerre où le gouvernement vietnamien a pris soin de réunir une collection d’affiches de tous pays appelant à la fin de la guerre et au départ des Américains. Affiches de propagande et appels à la paix se confondent… Au Bâng Khûang, les jeunes Vietnamiens n’y font plus attention. Les guerres appartiennent au passé et leur pays s’ouvre aux autres. IMG_2291 IMG_2289

The December Co.

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Encore un « hidden gem », un petit bijou caché comme on dit ici. The December Co. a ouvert en septembre dernier au premier étage du 42 Ly Tu Trong (toujours cette rue…). Là encore, il faut le trouver! Traversez un parking à motos improvisé au sous-sol et montez au premier étage où vous serez étonné de découvrir, aussi, des boutiques vraiment sympas. En plein centre-ville, c’est un havre de paix, hyper lumineux et très agréable pour travailler sur son ordinateur, ce que je fais ici avec plaisir, cappucino à portée de main. Depuis peu, ils se sont lancés dans la confection de macarons vraiment bons: citron-gingembre, chocolat au poivre de Phu Quoc, orange café, menthe fraîche ou jasmin. Ces macarons excellents sont confectionnés par Exception Macaron. Vous pourrez aussi y prendre un petit-déjeuner sur le pouce avec un café-croissant. On peut y déjeuner mais les sandwiches sont un peu chers.

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Autre curiosité du December Co.: les vêtements de la marque Hair Club, désignés par Vu Le Thu Trang. La jeune femme de 32 ans travaille en réalité dans une banque mais la mode est son deuxième métier. Les coupes sont hyper basiques: pantalons larges et taille ajustée, tops amples et jupes droites dans des couleurs qui vont du bleu roi au rouille en passant par le vert émeraude. Peu de choix, assez intimiste finalement mais on peut y dégotter une pièce sympa ou une paire de chaussures élégantes. Bref, un endroit très plaisant loin du bruit et de la fureur!

 

Loft café

 

 

Pour être heureux, restons cachés… Comme souvent, à Hô Chi Minh Ville, les plus chouettes endroits n’ont pas forcément pignon sur rue. Le Loft Café, comme beaucoup des cafés que j’aime, est destiné aux curieux qui s’aventurent dans les vieux immeubles de la ville. Sauf que celui-ci est en plein centre. Facile. Il faudra vous engouffrer à l’intérieur du 26 Ly Tu Trong, emprunter le vieil escalier défraîchi et monter au premier étage pour accéder à ce café (qui a par ailleurs une autre adresse au 95 rue Pasteur). Bien sûr, la déco industrielle n’est pas nouvelle. La tendance a essaimé un peu partout. Mais l’endroit est lumineux et agréable. L’immense horloge qui se devine derrière une grande vitre fonctionne réellement. Elle me fait penser à la scène d’anthologie où Harold Lloyd est suspendu aux aiguilles du temps dans le film muet Safety Last!

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Ici, on vient pour discuter ou travailler devant un café ou encore pour déjeuner. Des plats occidentaux (tout un choix de pâtes, viandes, salades et sandwiches) côtoient des plats vietnamiens pour un prix très raisonnable. Personnellement, j’opte souvent pour le côm chien haï san (riz sauté aux fruits de mer) ou le sandwich bacon, laitue, tomates et potiron rôti. Vous pourrez aussi choisir la soupe au potiron ou la minestrone, les calamars sauce aigre-douce ou les nouilles sautées aux légumes… Une bonne adresse toute simple en centre-ville.

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