L’Angfarm Buffet

IMG_3475

L’Angfarm est un concept de restaurant qui vient de Dalat, une ville des hauts plateaux du Vietnam, connue pour son climat tempéré et… ses fruits et légumes. L’idée est de proposer un buffet pour 88 000 VND et ça vaut vraiment le coup: soupes, plats chauds de viande, de poissons, de riz, légumes (patates douces et maïs lorsque j’y étais), fruits frais, glaces, fruits secs et biscuits, tout un choix de thés, une machine à café espresso en libre service… Tout cela dans une même endroit et à ce prix-là, c’est  assez rare à Hô Chi Minh Ville. Il faudra sortir des sentiers battus et du traditionnel district 1. L’Angfarm se trouve au 771 Tran Hung Dao, dans le district 5, à mi-distance du marché Ben Thanh et du quartier chinois de Cholon. Les familles sont les bienvenues puisqu’un espace jeux est dédié aux enfants. Autant vous dire que l’endroit était très fréquenté lorsque j’y suis allée, en semaine.

IMG_3482

IMG_3481

L’Angfarm fonctionne aussi sur l’idée du concept-store puisqu’il y a un magasin au rez-de-chaussée qui vend des fruits et légumes, mais surtout toutes sortes de thés, des confitures, du miel, des fruits secs… estampillés bio pour certains produits. Au Vietnam, le bio est rare. Et parfois ce qui est indiqué bio ne l’est pas vraiment. Tout au plus est-ce « naturel ». Mais j’ai goûté les confitures de framboises et de mûres et elles sont excellentes. Vous pouvez aussi acheter des coffrets cadeaux, notamment ceux qui proposent un assortiment de thés. Même le packaging est sympa.

 

Publicités

Blanc Art Space

Un nouvel espace d’art contemporain vient d’ouvrir ses portes rue Tu Xuong dans le district 3, face à l’ancienne école française Colette. Au fond d’une cour, Blanc Art Space propose actuellement une exposition de photographies de Phan Quang, intitulée « Recover ».

 

IMG_3552

Longtemps photo-journaliste, Phan Quang, né en 1976 à Binh Dinh, a publié son travail dans de nombreux médias asiatiques et occidentaux, dont le magazine Forbes et le  New York Time. Aujourd’hui davantage tourné vers la photographie d’art contemporain, Phan Quang a réalisé à partir de 2011 un travail remarquable sur une période historique peu connue au Vietnam. Il s’est intéressé à l’occupation japonaise de 1940 à la fin de la Seconde Guerre mondiale en 1945. Et plus particulièrement, aux femmes ayant eu une relation avec des soldats japonais pendant la guerre. Il a retrouvé quelques-unes de ces femmes et leurs enfants issus de ces liaisons longtemps cachées. Ces femmes, pour lesquelles ces relations avaient été consenties (la majorité d’entre elles ne l’ont pas été) et qui s’étaient mariées avec ces soldats, ont espéré le retour de leur mari et père de leur(s) enfant(s) tout comme ces familles vietnamiennes ont toujours souhaité être reconnues au Japon. Mais les Japonais avaient, pour la plupart, déjà, une famille dans leur pays.

IMG_3557
Copyright Phan Quang

Phan Quang, qui a lui-même séjourné au Japon, a ramené un long voile blanc traditionnellement fabriqué dans un petit village près de Kyoto. Il a eu l’idée d’utiliser ce voile, habituellement réservé aux jeunes mariées, pour couvrir (« cover ») les familles qu’il a retrouvées au Vietnam et les prendre en photo dans leur intérieur. Ce voile symbolise à la fois l’intimité de ces familles qu’il voile et dévoile (« Re/cover ») tout à la fois. D’une grande sobriété, ces images ont un caractère émotionnel fort. Certaines femmes posent avec la photo de leur mari défunt. Elles ont su faire face à ce passé tumultueux pour continuer à vivre et élever leurs enfants dans la dignité, alors même qu’elles étaient ostracisées au sein de la société vietnamienne. Comment faire une généralité de toutes ces histoires individuelles? Comment juger ce qui nous échappe?  Ces femmes ont fait la paix avec un passé qui leur appartient.

IMG_3558 (1)
Copyright Phan Quang
IMG_3554
Copyright Phan Quang
IMG_3553
Copyright Phan Quang

L’exposition Recover, conçue par le curateur Nguyễn Như Huy, a été présentée à Singapour et à New-York. Phan Quang a obtenu le Sovereign Asian Art Prize en 2015 pour ce travail magnifique.

IMG_3555

Blanc Art Space, 75 D Tu Xuong, District 3, Hô Chi Minh Ville. L’endroit renferme aussi un petit café et bientôt, une bibliothèque de livres d’art contemporain. « Recover » prendra fin le 18 juillet 2016.

Le Spice Cà phê

 

Le Spice Cà phê est très bien situé, à l’angle de la rue Tôn Thât Thiep et de la rue Pasteur, en plein centre-ville dans le district 1. Il n’est pas bien grand et les tables sont vite occupées à l’heure du déjeuner. Car l’endroit est joli et on y mange vietnamien pour un prix très raisonnable.

 

IMG_3514

 

Si je suis pressée, je prends un banh mi au porc grillé. Et si j’ai décidé d’être gourmande, je prends un mango sticky rice (riz collant à la mangue et au lait de coco). Ils sont vraiment bons et copieux. Mais vous pouvez aussi choisir le set lunch qui comprend la soupe du jour, un plat de légumes, votre choix de plat principal (ici, un riz sauté aux fruits de mer) et un thé chaud. Tous les plats sont entre 50 000 VND et 90 000 VND (soit entre 2 euros et moins de 4 euros). Par contre, si vous souhaitez prendre un café, je vous recommande d’éviter l’espresso vraiment très fort. Mieux vaut opter pour le càphê sua dà (café vietnamien froid au lait concentré sucré) ou le càphê dà (le même sans lait).

Juste à côté du Spice Cà phê se trouve la boutique Saigon Kitsch, où vous trouverez des idées cadeaux sympas et pas très cher. Du sac en toile recyclée aux petits carnets d’écriture, en passant par des housses de coussins, de la vaisselle en bambou aux couleurs vives, des pochettes, du linge de maison, des reproductions d’anciennes affiches de propagande vietnamiennes… C’est une boutique qui vaut le détour, très fréquentée par les touristes et les expatriés.

Le Saigonella festival

Pour les chanceux qui étaient à Saigon samedi dernier, il y avait un festival à ne pas manquer: la première édition de Saigonella lancée par Hélène Deprez et Cyprien Delesalle, entre amis, comme on se lance un défi. L’idée était d’organiser un événement sympa avec de la musique et des arts sous toutes leurs formes. Et puis le petit rendez-vous entre amis a pris de l’ampleur. Tellement d’ampleur qu’il est devenu un véritable festival, le bien nommé Saigonella. Bien sûr, il faut y voir le clin d’oeil au festival Coachella qui a lieu tous les ans en Californie. Le rendez-vous branché des jeunes célébrités américaines qui se doivent d’afficher un style hippie-chic très travaillé avec l’air de ne pas y toucher. Mais ce n’était juste qu’un clin d’oeil.

IMG_3376

A Saigonella, pas de célébrités en vue. Juste des amis venus faire la fête, boire un verre, discuter, danser… L’après-midi était davantage tourné vers les familles et je n’ai pas manqué d’y emmener mes enfants que je n’ai plus revus (ou presque) pendant plus de deux heures. Finalement, c’était bon signe.

A Saigonella, on pouvait…

IMG_3380

Voir les chouettes comédiens de la compagnie Les Ximpromptus en plein théâtre d’improvisation. De dos, Chloé, dont je n’ai pas vu la performance solo, je suis arrivée trop tard. Dommage, elle est juste géniale. Je l’avais vue sur scène au Saigon Ranger, elle m’avait bluffée.

A Saigonella, on pouvait…

IMG_3377

Faire du yoga. Bonne idée. Le lieu, le Club House, s’y prêtait à merveille. Peu de gens connaissaient l’endroit, très éloigné du centre-ville et du quartier des expatriés occidentaux. Moi si, juste parce que j’habite tout près. Pour une fois…

Admirer la performance artistique de live painting de Laurent Judge.

Se faire maquiller, se faire tatouer au henné…

Se faire coiffer… par Olga Grigoreva. Olga est russe, hair stylist et elle était très demandée.

IMG_3369

IMG_3368

Jouer des percussions sur des palettes… Les enfants ont adoré.

Découvrir (mais qui ne les connaît pas encore?) les sacs de Valérie Cordier. Je suis moi-même une grande fan de son travail, coloré et très créatif. A suivre prochainement sur ce blog, un portrait de la créatrice…

Saigonella, c’était tout simplement une chouette idée. Et un travail titanesque de la part de toute l’équipe, uniquement composée de bénévoles. Une synergie incroyable dans un même but. Ils avaient tout prévu, même les navettes gratuites au départ du centre-ville et une collaboration avec Clean Up Vietnam parce que bien sûr, on peut s’amuser et rester eco friendly.

IMG_3382

 

IMG_3361

Saigonella, c’était aussi et surtout, une fête incroyable où se sont succédés les DJ jusqu’au bout de la nuit.

Maison Marou Saigon

Des plantations de cacao à la pâtisserie, il n’y a qu’un pas que les Faiseurs de chocolat Marou ont allègrement franchi. Et c’est avec gourmandise que Vincent Mourou et Samuel Marouta viennent d’ouvrir la Maison Marou, au 167-169 de la rue Calmette à Hô Chi Minh Ville.

IMG_3293

IMG_3288

L’idée? Un concept store où vous pourrez déguster des pâtisseries, boire un café ou un chocolat chaud maison ou encore repartir avec l’un des produits de la gamme, dont les nouvelles tablettes proposées exclusivement dans la boutique. Y sont également exposées les machines servant à la fabrication du chocolat, comme le torréfacteur datant de 1937 que le duo avait fait venir par bateau de France pour la confection de leurs premières barres.

Mais si derrière le chocolat il y a le duo que vous connaissez, derrière les pâtisseries de la Maison Marou, il y a une jeune chef pâtissière française de 36 ans de grand talent. Stéphanie Aubriot pourrait s’enorgueillir d’avoir créé des pâtisseries simples tout en étant raffinées, en gardant le goût si particulier du chocolat Marou. Mais ce n’est pas le style de la jeune femme, d’une modestie charmante et d’un calme olympien.

IMG_3296
Stéphanie Aubriot entourée de l’équipe qu’elle a formée ces trois derniers mois. Face à eux, des macarons avant cuisson et des piments qui viennent de passer deux heures au four… avant d’être incorporés au chocolat.

Stéphanie Aubriot est issue d’une famille de pâtissiers de père en fils/fille depuis 4 générations. « Finalement, je n’ai pas choisi mais je suis ravie. J’adore ça. » Quand elle fait ses premiers pas dans l’atelier de son père artisan-pâtissier à Nancy,  elle ne sait pas encore que sa passion la mènera au bout du monde. Elle fait ses classes dans les plus grands restaurants du monde dont le Waterside Inn en Angleterre, sous la direction du grand chef cuisinier Michel Roux. En 2012,elle part pour Danang au Vietnam où elle travaille aussi pour Michel Roux, à la Maison 1888, le grand restaurant de l’Intercontinental. Une des plus prestigieuses adresses dans le monde. Encore une fois. « A Danang, je voulais travailler le chocolat et j’ai cherché du chocolat du Vietnam. Bien sûr, je suis tombée sur Marou. Je les ai contactés, ils m’ont invitée à visiter leur atelier à Tu Duc et je suis allée voir la plantation de Ba Ria. Ils m’ont convaincue: c’était le chocolat que je cherchais. »

Quand Vincent et Samuel lui parlent de la Maison Marou en devenir, Stéphanie est partante. Elle devient la créatrice des pâtisseries proposées dans la boutique. « Ils voulaient une gamme simple qui conserve le goût Marou, en y ajoutant une touche vietnamienne. Je n’ai pas réinventé la crème pâtissière! J’ai créé à partir de ce qui existe. » Et ça donne un banh mi au chocolat (!), un éclair succulent, un cheese cake, un cookie ou un brownie délicieux. Ou encore une petite fleur de café dont la verrine, elle-même, est en chocolat…

L’ouverture de la boutique est aussi l’occasion de proposer de nouvelles gammes de tablettes: chocolat aux éclats de gingembre, au piment, au lait de coco ou encore une feuillantine. Et comme d’habitude, le design des emballages est parfait. La boucle est bouclée.

IMG_3291