Le traditionnel Ut Lanh cà phê

C’est en lisant le magazine Word que j’ai découvert le Ut Lanh café. Un endroit un peu atypique à Pham Gu Lao. Il m’a d’ailleurs réconciliée avec le quartier des backpackers que je ne fréquentais plus vraiment après avoir travaillé sur l’exploitation sexuelle à Saigon… Il se trouve dans la hem 283, une ruelle où se côtoient petits hôtels bon marché et agences de voyage. Alors que les Starbucks et autres chaînes de cafés à l’américaine s’installent progressivement mais sûrement dans la ville, le Ut Lanh pourrait faire figure d’exception. « Pourrait » car en vérité, des cafés traditionnels vietnamiens, il y en a encore beaucoup ! Mais plus vraiment dans les quartiers fréquentés par les étrangers.

C’est évidemment la décoration vintage qui séduit de suite et le soin apporté à l’agencement de tout ce qui figure dans ce minuscule espace. Trois ou quatre tables en bois, un lit traditionnel qui se transforme en table commune, deux appliques vintage et deux vieux ventilateurs aux pales usées. J’entends d’ici ma fille me dire que je n’aime que les vieilles choses. Moi et mon compagnon lui répondons  « pas les vieilles choses, mais celles qui sont solides et vraiment utiles ».

 

Le jour où je suis allée prendre un caphê sua dà, j’ai rencontré Yen et Thao, les deux co-fondatrices du lieu. Elles n’ont pas voulu que je les filme ni que je les photographie. Un mélange de discrétion et de timidité. Elles avaient une idée très précise de ce qu’elles voulaient faire de cette petite maison vieille de 100 ans, m’a confié Yen, 24 ans. Et elles ont parfaitement réussi.

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« Nous cherchions un endroit depuis un an et nous sommes tombées sur cette maison, qui était plus grande avant la guerre mais qui a été divisée en deux ou trois parties, comme beaucoup d’autres. » 

Quand vous entrez ici, vous avez le sentiment de revenir en arrière et de retrouver l’ancienne Saigon. Nous voulions créé un café traditionnel vietnamien et en faire un home sweet home. A l’étage, il y a un bureau et un ancien lit transformé en table commune. Comme il en existe encore dans les campagnes.

Ici, pas d’espresso ou de cappucino. Et pas de wifi non plus, ce qui semble incroyable à Hô Chi Minh Ville où le moindre petit espace commercial dispose de la wifi. Et sur la carte, il est écrit que la direction vous remettra 5000 VND si vous coupez votre téléphone! « Je comprends qu’on puisse avoir besoin de la wifi pour travailler avec son ordinateur ou envoyer des messages. Mais ce ne sera pas ici, poursuit Yen. Nous voulons que chacun vienne pour se relaxer, faire une pause en écoutant de la musique. On ne fait que passer alors pourvu que ce soit pour se sentir bien. » 

Yen me tend les journaux vietnamiens sur la table devant moi. « Avant, on venait au café pour lire le journal, discuter et se détendre. C’est comme cela que nous concevons le Ut Lanh. » Elle poursuit:

Le Vietnam a une histoire et un passé riches. Nous devons apprendre à conserver ces traditions culturelles qui nous unissent.

Et pour couronner le tout, on peut aussi venir y déjeuner d’un set menu unique qui varie chaque jour, à 55 000 VND, sauf le week-end. Pour vous rafraîchir, vous ne trouverez que des boissons traditionnelles comme le jus de citron au lait que l’on boit plutôt à Hué.

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Déjeuner végétarien au Bông Sung

Le Bông Sung, c’est mon compagnon qui l’a trouvé. Tout aussi curieux que moi, il a juste levé les yeux et découvert ce petit bijou au 86 rue Nguyen Du. Comme souvent, vous rentrez dans une petite cour intérieure, vous prenez l’escalier sur votre gauche et vous arrivez dans ce petit restaurant vietnamien où domine le violet, symbole de la spiritualité et de la méditation que l’on retrouve notamment dans la fleur de lotus. Un bouddha vous accueille à l’entrée du restaurant ainsi qu’un tableau des rêves. A vous d’y inscrire les vôtres.

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Il faut accepter de renoncer à la viande le temps d’un repas qui peut s’avérer très copieux tant les plats sont conséquents. Et délicieux. L’endroit est simple mais décoré avec goût. Ce dimanche là, nous y avons croisé des familles qui aiment s’y attarder.

La carte est impressionnante et tous les plats sont végétariens. Nous avons choisi une soupe de curry de légumes, du tofu frit à la noix de coco et une salade thaï à la papaye. Les enfants ont opté pour une soupe de potiron aux tranches de pain aillé et les éternels gỏi cuốn (rouleaux de printemps) de ma fille. Tout cela accompagné de délicieux jus de fruits frais. Et toujours cette touche de couleur violette sur les sets de table jusque dans la vaisselle. Pour finir, la serveuse nous a apporté des fruits de la passion coupés en deux, à déguster nature.

Malgré la pluie omniprésente en ce moment à Saigon, nous avons choisi de nous installer sur la petite terrasse couverte qui donne sur la rue Nguyen Du, à deux pas de la cathédrale Notre-Dame et de la Poste centrale. Venir ici le soir doit être encore plus agréable, accoudé au bar, juste au-dessus du ballet joyeux et incessant des Vietnamiens, à pied, à moto ou à vélo.

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