Les Cafe RuNam

Le premier Cafe RuNam est apparu voilà environ deux ans sur la rue Mac Thi Buoi. Assez petit, chic, avec une jolie terrasse et en plein coeur du centre-ville. Et puis, comme cela se passe de plus en plus souvent à Saigon quand un concept marche, il en est apparu d’autres, petit à petit. Faisant du RuNam une chaîne de cafés.

img_4692

D’ordinaire, les chaînes ne sont pas vraiment ma tasse de thé…  Mais dernièrement, ils viennent d’ouvrir un cafe RuNam près du marché de Ben Thanh et celui-ci est particulièrement bien réussi. Il est bien agréable de déguster un bon café dans ce très bel endroit.

« Ru » signifie « berceuse » en vietnamien et « Nam » se réfère à Viet NAM.

Les cafés sont la propriété de Nguyen Quoc Khanh, qui est déjà à la tête d’une grande compagnie de design intérieur, très présente à Saigon. L’idée est de faire de cet endroit un lieu de dégustation du café sous toutes ses formes. RuNam est une marque de café également, dont les variétés diffèrent selon le pourcentage d’arabica ou de robusta qu’elles contiennent. Et les grains sont torréfiés dans un laboratoire en banlieue de Saigon où officie un maître torréfacteur italien.

img_4688

Vous pourrez y déguster les traditionnels cafés vietnamiens, caphe den dà, caphe sua dà (café noir glacé ou café au lait concentré sucré glacé), cappuccino et autres américano, mais aussi un café gourmand et leurs spécialités comme le Monsieur Runam avec du Bailey’s ou le Marocchino avec du chocolat ou encore le caphe sua dua (café froid au lait de coco) et bien sûr le café au matcha (le matcha est très apprécié des Vietnamiens et il a dépassé depuis longtemps les frontières du Japon). Sans oublier la longue longue liste de thés: du lotus à la rose en passant par le jasmin, le thé vert ou le thé à l’artichaut. Et pour accompagner tout cela, un choix de pâtisseries et d’entremets plutôt bien réussies.

Vous y trouverez aussi des coffrets sympas, très beaux, très chics, avec cafés, thés, chocolat (tiens donc, du Marou!) et même des petits notebook. C’est plus cher qu’ailleurs, vous paierez le contenu et le très beau design des coffrets. Mais cela vous fera certainement de très beaux cadeaux.

img_4673

Cafe RuNam, 96 Mac Thi Buoi, district 1;  Ru Nam Bistro, 40-42 Phan Boi Chau, district 1; Cafe RuNam, 102 Pasteur, district 3.

L’art du tatouage de Mai-Loan Tu

Mai Loan Tu, 28 ans, vient de fêter sa première année d’expatriation à Saigon. Artiste et tatoueuse, elle porte ses origines vietnamiennes paternelles avec élégance et discrétion. Rencontre dans le salon où elle travaille le tatouage comme un art graphique aussi singulier que multiple. 

Elle a cette douceur dans la voix et cette simplicité qui ne la quittent pas. Elle ne veut pas d’une imposture. Mai-Loan Tu s’excuserait presque d’être là, tellement sa modestie en souffre. Mais il faut bien le constater: elle a le regard d’une artiste et de l’or dans les doigts. Un délicat trait d’eye-liner noir souligne ce regard bienveillant de la jeune femme qui porte, ce jour-là, des boots noirs et une petite robe noire à pois blancs. Le noir lui va si bien… Ce noir de l’encre indélébile qu’elle imprime désormais chaque jour sur des corps anonymes.

img_4627-1

« Se faire tatouer n’est pas un acte anodin. Aujourd’hui, le tatouage est plus personnel que l’appartenance à un groupe. Ce n’est jamais un coup de tête, c’est un acte réfléchi. »

Son premier tatouage à elle est une petite clé sur la cheville, discrète. Le deuxième  est une gravure de coquelicot qu’elle s’est fait elle-même, en France, où elle avait suivi une formation hygiène. Toujours discret. Son troisième tatouage, elle le fera au Vietnam: « c’est mon maître qui me l’a fait sur mon avant-bras gauche. C’est Mélusine, un personnage de gravure. J’adore les gravures anciennes. Celui-ci est visible, j’avais sans doute plus envie de le montrer. »

img_4629

Car c’est au Vietnam que Mai-Loan a enfin pu intégrer le monde du tatouage.

« En France, c’est un milieu très fermé. si tu ne connais pas un tatoueur, il est quasiment impossible d’y entrer. »

Dessinatrice de formation, Mai-Loan a fait ses études d’art à Bruxelles où elle a passé 3 ans, avant de se rendre à Barcelone. Mais ses origines vietnamiennes (par son père) l’ont rattrapées et le vent l’a poussée jusqu’ici où elle voulait « trouver un nouveau souffle ».  Elle y a rencontré Aries, tatoueur vietnamien qui officie depuis 10 ans au shop Exile Ink Vietnam, à Thao Dien, dans le district 2. « Il sait tout faire, surtout les dessins dans le style japonais et les aquarelles. Il m’a dit: « je vais t’apprendre tout ce que je sais ». Il ne voulait pas de cette hiérarchie maître-élève. Il m’a fait confiance. Au bout de deux mois, j’ai tatoué mon premier portrait sur la jambe de mon boss, le propriétaire du shop, qui est anglais. Quelle confiance! »

Qui se tatoue? « Tout le monde, tous les âges, Vietnamiens, expatriés… Le tatouage s’est banalisé, il a explosé. » Mai-Loan sait qu’il faut rassurer et soigner toutes les premières fois. La discussion est essentielle pour que la confiance s’installe.

« Chacun vient avec une idée précise. Ils commencent par un petit tatouage, puis reviennent en faire un autre, puis un autre. Le tatouage est addictif! »

La jeune femme se souvient de la première fois qu’elle a tatoué: « c’était un petit cupcake, sur une amie, en France. Ma main tremblait. Aujourd’hui encore, je ne prends jamais cela à la légère. Ce n’est pas rien de confier son corps à quelqu’un qui va y imprimer un dessin indélébile. » (1)

img_4542

Rappelons que Mai-Loan Tu est avant tout dessinatrice et qu’elle a exposé ses oeuvres à Salon Saigon.

(1) On peut faire retirer un tatouage que l’on n’aime plus au laser mais c’est cher, douloureux et jamais parfait. En général, on le recouvre avec un autre tatouage.